Algaia voit l’avenir dans les algues

Jeudi 25 janvier, le Café maritime du Caen Yacht Club accueille Franck Hennequart, directeur du département « Recherche et innovation » de la société Algaia, à Saint-Lô. Cette jeune entreprise est spécialisée dans l’exploitation des algues.

Issue de deux « start up », la société Algaia est née de la rencontre de deux compétences incarnées par Fabrice Bohin et Franck Hennequart. Le premier a gravi les échelons chez le géant américain Cargill, leader dans les ingrédients alimentaires ou cosmétiques, jusqu’à en devenir le directeur pour l’Europe. Le second, ingénieur en biologie marine formé à l’université de Caen, a acquis une solide connaissance des algues tant au Canada qu’en Islande.

En créant Algaia, l’un et l’autre ont partagé leurs expériences respectives dans des jeunes pousses innovantes. Ils ont ainsi fusionné et recentré leurs activités propres. L’objectif est de valoriser non seulement les capacités gélifiantes des algues mais celles de leurs composés actifs applicables tant pour les plantes que pour la santé humaine ou animale. On est en 2015 et depuis tout est allé très vite. Si le siège de la société est resté à Paris, avec un effectif de sept personnes, Algaia a installé son département recherche et développement à Saint-Lô, où travaillent onze ingénieurs et employés. Son unité de production est, elle, à Lannilis, près de Brest. Elle emploie soixante-huit salariés.

Le choix de la pointe bretonne s’explique par la proximité du « plus grand gisement français d’algues brunes, les alginates », explique Franck Hennequart. « En fait, poursuit le responsable saint-lois, on a repris le site que s’apprêtait à quitter Cargill. »

Le choix de Saint-Lô s’explique par « l’important pôle agro-alimentaire autour de la préfecture de la Manche, tant en production qu’en formation ». Et puis la municipalité saint-loise a facilité le transfert de Villejuif vers la Normandie. Entre la partie bureau et deux grands hangars équipés, Algaia a trouvé les locaux facilement reconvertibles pour ses activités, moyennant quoi elle verse un loyer à la Ville.

Algaia compte des clients dans une trentaine de pays. L’objectif 2018, ajoute Franck Hennequart est de développer une production d’extraits d’algues « à des fins bio-stimulantes pour les plantes et anti-microbiennes ». « On vise ainsi à maximiser l’utilisation de chaque kilo d’algues. 70 à 75 % partent en déchets. » Il y a des pistes à creuser. Ainsi, Algaia participe avec le centre technique du SMEL1 à la valorisation des sargasses, ces algues vertes redoutées par les conchyliculteurs. On s’oriente ainsi vers la production d’engrais à diffusion dans des circuits courts.

Enfin la société intervient à travers le monde pour analyser toutes sortes d’algues, des plus grosses aux plus petites invisibles à l’œil nu. C’est loin d’être la part la plus importante de son chiffre d’affaires. Mais son expertise est un facteur de notoriété non négligeable.

Café Maritime du Caen Yacht Club

Jeudi 25 janvier 2018, de 18 h 30 à 20 h

salle d’Accueil Villes de France, 2, quai de la Londe, à côté du Caen Yacht Club. Participation 2 €.

  1. 1 SMEL : Synergie Mer Et Littoral. Centre expérimental créé sous forme de syndicat mixte par le Département de la Manche, basé à Blainville-sur-Mer.